30 mars 2019

Femme entrepreneur, un seul mot d’ordre : oser !

Par Seynabou DIA, PDG Global Mind Counsulting-

 

Oser Être Soi !

Être femme et assumer sa féminité: la femme a cette extraordinaire capacité à savoir gérer la complexité, assurer le multitâches pour communiquer, entreprendre, gérer avec responsabilité, exprimer ses sentiments, comprendre les émotions des autres… Ce serait dû au fait que le corps calleux (qui sépare les hémisphères gauche et droit du cerveau et permet aux différentes régions de celui-ci de communiquer) serait légèrement plus grand chez la femme avec plus de connexions neuronales (v. Steve Allen. Croissance personnelle – Programmation Neurolinguistique). Cette réalité a toujours été perçue intuitivement mais on arrive à l’établir scientifiquement aujourd’hui grâce aux progrès des neurosciences. Qui ose dire après cela qu’être femme est un handicap ? Au contraire, ces compétences sont extrêmement utiles à la prise de décision, à l’entreprise. Est-il étonnant qu’à travers l’histoire, les femmes se soient particulièrement distinguées  ? La Reine Ginga d’Angola est une des figures féminines les plus puissantes et les plus pittoresques de l’Afrique ; dans l’Arabie préislamique, Khadija était la femme d’affaires la plus riche de la contrée ; la Reine Pokou chez les Baoulé du Ghana, Ndaté Yalah, figure historique du Walo au Sénégal… pour ne citer que celles-là. Que dire des milliers de femmes anonymes, héroïnes du quotidien aux quatre coins de la planète. Managers hors pairs, elles assument  tous les jours de front, avec une dextérité sans égal, plusieurs responsabilités à la fois. Elles s’imposent ainsi naturellement comme le socle de l’équilibre de la famille au sens large et de notre société.

 

Seynabou Dia, CEO du Cabinet Global Mind Consulting, recevant le prix de ” La femme entrepreneur de l’année” au Hub Africa awards 2018 à Casablanca (Maroc).

 

 

Ne leur demandez pas si elles sont aussi capables que les hommes! Elles savent qu’elles le sont davantage! Leurs nouveaux défis ne sont plus simplement ceux du “genre». Cette lutte a été et est encore menée avec une remarquable abnégation par de nombreuses héroïnes et héros (il ne faudrait pas s’enfermer dans la féminité au risque d’exclure, car les hommes ont une place dans ce combat). Ces luttes ont porté leurs fruits. Le Rwanda, le Sénégal et l’Afrique du Sud sont classés d’après l’ONU parmi les dix pays les plus avancés en matière d’égalité de genre au Parlement en 2017.

Certes, il reste encore beaucoup à faire : seulement 29 % des postes de manager senior sont occupés par des femmes en Afrique ! Les avancées n’en restent pas moins considérables, notamment ces deux dernières décennies, du fait de l’évolution des mentalités, de la généralisation croissante de la scolarisation des jeunes filles souvent meilleures que les garçons à l’école ou encore de l’accès à l’emploi dans tous les ménages urbanisés.  Être africaine et assumer son authenticité : «l’Afrique est la seule région au monde où plus de femmes que d’hommes choisissent la voie de l’entrepreneuriat» comme le souligne très justement Diariétou Gaye, Directrice de la Stratégie et des Opérations de la Banque Mondiale pour l’Afrique. Dans ce continent, les femmes ont su s’imposer dans les domaines les plus stratégiques de la vie politique et économique (Aisha Mohammed, Ministre de la Défense de l’Ethiopie ; Snowy Khoza, CEO de Bigen Infrastructures en Afrique du Sud ; Thérese Sekamana, l’une des premières femmes à s’être investie dans la construction de centrales hydroélectriques au Rwanda;  Falorunsho Alakija, magnat du pétrole nigérian qui s’impose comme la deuxième africaine la plus riche du continent; Tiguidanke Camara, propriétaire d’une compagnie minière en Afrique francophone; Ellen Johnson Sirleaf, une des rares femmes élues cheffe d’Etat…).

 

 

 

 

Oser Disrupter !

Se changer et briser les chaînes mentales: il existe, certes, de nombreux schémas culturels qui peuvent créer chez la femme africaine des croyances limitantes. Si les femmes africaines entreprennent naturellement, elles le font souvent par nécessité et pour assurer la subsistance. Nous devons changer cela et oser entreprendre pour la création de richesse et de croissance! Pour cela, l’éducation est un instrument-clé du changement. Brisons la chaîne de transmission des pensées, croyances et attitudes bloquantes que nous, femmes, transmettons sciemment ou non à nos filles en les destinant à des tâches ménagères pendant que les garçons sont scolarisés et épargnés par ces “corvées”. Déconstruire ces croyances, briser ces pensées limitantes permettra d’offrir le même champ des possibles à chaque enfant, indépendamment de toute considération de genre. Les femmes pourraient ainsi oser entreprendre sans s’auto-limiter en pensant, par exemple, que la vie de cheffe d’entreprise est incompatible avec le désir d’être épouse et mère de famille. Construire la croyance positive qu’une femme africaine peut être cheffe d’entreprise accomplie, avoir une vie personnelle et familiale épanouissante et continuer à assumer pleinement ses ambitions professionnelles.

Il est essentiel de comprendre que ce changement n’est pas conçu contre les hommes et que l’épanouissement d’une femme dans tout son potentiel n’emporte pas un bras de fer clivant femme vs homme. L’école est un puissant moteur de ce changement mais l’éducation au sein de nos foyers est un ressort encore plus puissant. L’utilisation de ces instruments à bon escient permettrait de faire en sorte que ce qui apparaît encore aujourd’hui comme des parcours ‘’d’exception’’ s’impose comme la simple normalité. Changer la société et impulser la transformation positive des sociétés africaines : en identifiant les principaux freins à l’épanouissement des pleines potentialités des femmes africaines, il est possible, par un accompagnement adéquat et un soutien adapté, de valoriser tout ce potentiel. Il s’agit de mettre en place des leviers permettant de former, de renforcer les capacités et d’améliorer l’accès au financement. Des initiatives telles que Women’s Investment Fund dédiées au financement des femmes entrepreneurs ou encore des réseaux tels que WIA Initiative ou BPW International peuvent être davantage soutenues et démultipliées. L’accès aux formations d’excellence pour les femmes devrait être promu. En mettant en place ces mécanismes de soutien, les jeunes femmes sont massivement encouragées à entreprendre massivement. Elles sont capables de consentir aux sacrifices inhérents à l’entreprise, indépendamment du genre. Les soutenir, c’est faire en sorte que les femmes qui représentent plus de la moitié de l’humanité entrent pleinement dans l’ère du numérique et en saisissent les extraordinaires opportunités.

Elles sont naturellement douées d’une créativité, d’une agilité et d’un sens de l’anticipation qui sont essentielles pour entreprendre avec succès dans cette nouvelle ère ? Elles sont confrontées à de nombreuses difficultés et peuvent s’appuyer sur les ressources des nouvelles technologies pour une nouvelle forme d’éducation et de formation (en ligne et à distance en exploitant les outils du e-learning pour se former, pour former et éduquer et pour entreprendre dans ce secteur en pleine croissance en Afrique). Mais également pour accéder à de nouveaux modes de financement (participatifs, inclusifs, associatifs à l’image du crowdfunding ou des plateformes de tontine qui se développent), pour de nouvelles manières de se soigner (applications de plus en plus nombreuses dédiées à la santé en Afrique), de cultiver (grâce aux outils numériques d’appui à l’agriculture), bref d’entreprendre et profiter des multiples opportunités de l’économie et des usages numériques.

Être femme entrepreneure aujourd’hui, c’est oser être soi… femme et africaine ; c’est oser disrupter… se changer pour pouvoir impulser la transformation positive au sein de la  société. C’est tout à la fois aussi simple et aussi complexe. N’est-ce pas ce qui en fait tout l’intérêt ?

Source: Financial Afrik

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